Igitur

Lancement d’une nouvelle revue de philosophie analytique. Les articles sont accessibles gratuitement.
Trois articles sont désormais disponibles :

La résurgence du pion. Individualisme moral, légitime défense et guerre juste.
Vol. 1, n° 1, p. 1-21
13 décembre 2009
Nicolas Tavaglione

Le défi de la simplicité divine pour le théiste réaliste.
Vol. 1, n° 2, p. 1-17
13 décembre 2009
Yann Schmitt

Une pensée peut-elle être mauvaise ?
Vol. 1, n° 3, p. 1-17
13 décembre 2009
Martin Gibert

La conception éternaliste met-elle en danger le mouvement ?

Wassily Kandinsky: Murnau Street with Women

Wassily Kandinsky: Murnau Street with Women

L’univers décrit par l’éternalisme est-il statique ? Pour répondre à cette question il importe de comprendre sa dimension métaphorique. Une chose est dite statique si elle n’est pas en mouvement. Or bien sûr, la question n’est pas ici de savoir si l’univers décrit par l’éternalisme est en mouvement. Il s’agit en fait de savoir s’il existe une place authentique pour le mouvement dans l’univers. Quand vous imaginez l’univers vous pouvez le faire de deux manières. Premièrement en imaginant l’espace tridimensionnel : dans ce cas il y a bel et bien du mouvement entre deux instants de l’univers : les objets changent leur localisation spatiale. Deuxièmement en imaginant l’espace spatio-temporel quadri-dimensionnel, mais en utilisant l’image mentale d’un univers à trois dimensions. Dans ce dernier cas, effectivement l’univers que vous avez sous les yeux (à travers votre image mentale) est statique, immuable, sans mouvement. Mais le temps est déjà une dimension de l’objet que vous avez sous les yeux. Il est donc normal que ce bloc ne varie pas, car comment pourriez-vous évaluer la variation d’un objet qui contient déjà la dimension temporelle ? Il vous faudrait introduire un super-temps permettant d’évaluer cette croissance du temps (ce qui n’est pas souhaitable d’après des considérations d’économie ontologique).

Selon le point de vue adopté le mouvement est donc soit authentique (perspective tri-dimensionnaliste), soit il ne faut pas s’étonner de l’absence de mouvement dans le modèle puisque le temps est une dimension interne du modèle métaphysique (perspective quadri-dimensionnaliste).